DEGRADATION PUBLIQUE DU CAPITAINE DREYFUS
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La dégradation d’Alfred
Dreyfus, le 5 janvier 1895.
Dessin d'Henri Meyer en couverture du Petit Journal
du 13 janvier 1895, légendé
« Le traître ».
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Peut-être plus tard quelque chose sur : XENOPHOBE
étant donné
l’attitude des blanquistes
rochefortiste, ex-membres du CRC (Comité Révolutionnaire Central) de Vaillant, scandalisés, étant violemment
anti-dreyfusards, par la position de Vaillant dans le camp adverse.
Ils lui opposent un candidat aux législatives de 1898, lui reprochant surtout d’être dreyfusard, c’est-à-dire, selon Rochefort, « Prussien de l’intérieur comme un Prussien est un dreyfusard du dehors. »
Ce n’est pas la seule fois que ses attaches privilégiées avec l’Allemagne seront utilisées comme arguments par les adversaires de Vaillant pour tenter de légitimer leur haine contre lui.
Exemple : l’imprimeur belliciste Charles Rousseau, rue de Bagnolet, aux élections législatives de 1898, en pleine affaire Dreyfus. Expressions employées : aimer le casque à pointe, juif allemand, cœur de Saxon, l’esprit est en Allemagne, au Parlement prussien. Comme un écho au discours de Victor Hugo devant l’assemblée nationale de Bordeaux le 8 mars 1871, quand, défendant Garibaldi « venu mettre son épée au service de la France », il s’est attiré cette réplique du Vicomte de Lorgeril : « L'Assemblée refuse la parole à M. Victor Hugo, parce qu'il ne parle pas français. »
Ils lui opposent un candidat aux législatives de 1898, lui reprochant surtout d’être dreyfusard, c’est-à-dire, selon Rochefort, « Prussien de l’intérieur comme un Prussien est un dreyfusard du dehors. »
Ce n’est pas la seule fois que ses attaches privilégiées avec l’Allemagne seront utilisées comme arguments par les adversaires de Vaillant pour tenter de légitimer leur haine contre lui.
Exemple : l’imprimeur belliciste Charles Rousseau, rue de Bagnolet, aux élections législatives de 1898, en pleine affaire Dreyfus. Expressions employées : aimer le casque à pointe, juif allemand, cœur de Saxon, l’esprit est en Allemagne, au Parlement prussien. Comme un écho au discours de Victor Hugo devant l’assemblée nationale de Bordeaux le 8 mars 1871, quand, défendant Garibaldi « venu mettre son épée au service de la France », il s’est attiré cette réplique du Vicomte de Lorgeril : « L'Assemblée refuse la parole à M. Victor Hugo, parce qu'il ne parle pas français. »
Dreyfus
Signé Vaillant :
Non seulement et tout d’abord nous nous étions et à fond engagés, mais nous avions convié et n’avions cessé de convier les socialistes à une action distincte, uniquement dirigée contre le militarisme et le nationalisme césarien, profitant de tous les incidents de l’« Affaire », mais reléguant à son vrai plan la question personnelle, qui était capitale pour les autres partis et leur raison d’union et combinaison politique et arriviste.
Son cas est évoqué devant la Chambre des députés et il ne trouve alors
aucun défenseur, ni même en la personne de Jean Jaurès
qui le condamne à la tribune ou de Clémenceau, les deux soulignant que la peine de mort venait d'avoir été appliquée
à un jeune soldat insolent en vertu du Code de justice militaire.
Alfred Dreyfus est dégradé le 5 janvier 1895 dans la
cour d'honneur de l'École militaire de Paris devant une foule
furieuse qui crie notamment « À bas le traître, à bas le juif ! ».
Le 22 février 1895 on embarque Alfred
Dreyfus sur le Ville-de-Saint-Nazaire, qui accoste à l'île Royale
le 12 mars. Gardé en secret total sur l'île Royale, il pose pied sur l'île du Diable
cinq jours plus tard.
L'événement décisif est la révélation, fin août 1898, du
faux commis par le commandant Henry : Jaurès s'engage alors
avec passion dans la défense de Dreyfus. Pour lui, l'affaire est non seulement
un problème de justice individuelle, mais surtout de respect de l'humanité
elle-même. En effet, elle pose le problème du mensonge et de l'arbitraire des
grandes institutions, notamment de l'armée qui entend avoir une
« justice » séparée. En outre, elle est utilisée par les droites catholique
et nationaliste pour renverser la République. Il s'oppose alors à certains
autres socialistes, dont Jules Guesde
pour qui Dreyfus est un officier bourgeois dont la défense ne serait pas
prioritaire (le souvenir de la répression sanglante de la Commune de Paris, et d'autres révoltes
ouvrières, est pour beaucoup dans la défiance de militants ouvriers envers la
cause d'un officier).
Guesde est resté jusqu'en 1914 sur son positionnement de
non-conciliation avec la bourgeoisie.
Au moment de l’affaire
Dreyfus, s'il croit le capitaine Dreyfus
innocent et s'affirme publiquement dreyfusard, il refuse de s'associer
activement aux campagnes dreyfusardes. Il indique en novembre 1900 : « Voilà
comment j'ai été dreyfusard, c'est-à-dire dans la limite de la lutte contre le
militarisme débordé, allant jusqu'à menacer, sous le couvert d'un gouvernement
complice, d'un véritable coup d'État. ». L'affaire va briser le bon
rapport de confiance entre Jules Guesde et Paul Lafargue,
ce dernier voulait effectivement s'y impliquer : « Le Parti
ouvrier, qui est un parti politique, ne peut se désintéresser des questions
politiques qui agitent le pays… ».
Vaillant, pendant ce temps-là…
Vaillant a 55 ans. Député depuis deux ans, il viendra tardivement à
l’appui de Dreyfus, arrêté depuis le 15 octobre 1894, comme Jaurès et
Guesde. En août 1897, les révélations
de Bernard Lazare sur le bordereau conduisent à des expertises qui jettent le
trouble. Lucien Herr, du Parti des Allemanistes, alerte les milieux
intellectuels.
Le 4 décembre, pourtant, aucun des leaders socialistes ne
s’oppose au jugement, et Vaillant, comme Jaurès, s’abstient sur le texte de
tentative de révision de Schoerer-Kestner. Changement 13 jours après : le
Parti Socialiste Révolutionnaire (PSR) de Vaillant est le premier groupe
socialiste à prendre parti pour Dreyfus.
Le 17 décembre, il signe, et probablement rédige, un
communiqué de presse dénonçant l’armée qui empêche la lumière de se faire sur
cette affaire, affaire que par ailleurs il cherche à exploiter politiquement
contre la corruption révélée par le scandale de Panama.
Le 13 février 1898, le J’accuse de Zola aide grandement à
débloquer la situation. Le groupe parlementaire socialiste ne peut plus éviter
de prendre position. Au départ, il est coupé en deux.
Millerand, Viviani, Lavy, Jourde, sont réfractaires à toute
intervention, notamment pour des raisons électorales.
Vaillant, Jaurès et Guesde sont d’avis de s’engager dans
l’importante bataille qui s’annonce.
Au cours de cette
séance, Guesde, comme suffoqué par le langage des abstentionnistes, ouvre la
fenêtre et s’écrie : « La lettre de Zola, c’est le plus grand acte
révolutionnaire du siècle. »
L’accord se fait finalement sur un manifeste inspiré
surtout par Vaillant et Guesde, que Jaurès rédige en grande partie. Le
socialisme français est à l’avant-garde de la révision du procès, tout en se
démarquant des fractions et des visées bourgeoises. Jaurès s’engage sans ces
réserves marquées par Vaillant et Guesde, et leur reprochera plus tard, surtout
à Vaillant censé être plus proche de lui, d’avoir d’une certaine façon été
secrètement contre lui.
Vaillant, qui a étudié soigneusement l’affaire – il n’est
pas suspect de s’en être désintéressé -
subordonne en fait l’engagement auprès des dreyfusards aux objectifs
politiques socialistes qui lui sont prioritaires.
Concrètement, son engagement est constant. En février 1898,
son parti félicite Jaurès pour son intervention lors du procès Zola. Vaillant
reprécise sa position peu après : la révision s’impose. Il ajoute, fidèle
à lui-même : non comme un but, mais comme un moyen de lutte contre le
militarisme.
La Cour de Cassation annule la condamnation de Dreyfus le 3
juin 1899. Les muscadins interviennent aux courses d’Auteuil et frappent d’un
coup de canne le président Emile Loubet. Vaillant est au cœur des
manifestations républicaines où l’impulsion des socialistes révolutionnaires
est décisive pour reconquérir la rue. Mis au courant des brutalités policières,
s’appuyant sur les témoignages de Lucien Herr et de Léon Blum, il attaque le
gouvernement Dupuy, qui tombera et sera remplacé par le ministère de Défense
républicaine de Waldeck-Rousseau. (v.
Maurice Dommanget)
Mise au point ultérieure de Vaillant, soutien de la cause de
Dreyfus, mais pas « dreyfusard » au sens classique :
Signé Vaillant :
Non seulement et tout d’abord nous nous étions et à fond engagés, mais nous avions convié et n’avions cessé de convier les socialistes à une action distincte, uniquement dirigée contre le militarisme et le nationalisme césarien, profitant de tous les incidents de l’« Affaire », mais reléguant à son vrai plan la question personnelle, qui était capitale pour les autres partis et leur raison d’union et combinaison politique et arriviste.
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